Contexte
L'Internet participatif, en mobilisant les technologies 2.0, permet aux étudiants et aux enseignants de créer des contenus, de les échanger, les commenter.
Ces échanges interactifs au sein de communautés virtuelles de pratiques ou d’apprentissage, autorisent le co-apprentissage et conduisent à acquérir une e-réputation légitimée par les pairs.
Ce nouveau paradigme culturel, où un détenteur d'un savoir devient en plus un médiateur de l'intelligence collective, est encore trop souvent ignoré dans le domaine l’éducation. Il induit pourtant une pédagogie innovante qui interpelle tous les acteurs de l'Enseignement supérieur (gouvernances, enseignants, étudiants, partenaires).
Le monde universitaire est donc tout particulièrement concerné, bien au-delà de l'effort que représente le nécessaire développement des services et l'édition de ressources numériques.
C'est ce que soulignait Monsieur Patrick Hetzel, Directeur général pour l' Enseignement supérieur et l'Insertion professionnelle dans la
lettre qu'il avait adressée le 26 octobre 2011 aux Présidents des Universités.
Objectif
Convaincre et aider les acteurs de l'Enseignement supérieur à pratiquer les médias sociaux, à s'impliquer dans des communautés virtuelles d'apprentissage, dans le cadre d'une pédagogie interactive faisant appel à l'intelligence collective.
Comme toute pédagogie, cela s'apprend ! Dans la pratique des réseaux sociaux, l'apprentissage de pair à pair devient essentiel.
C'est ce que nous avons proposé dans une démarche de Barcamp* innovante, puisqu'elle ne se déroule pas sur 4 h chrono, qu'elle ne repose pas exclusivement sur les échanges de pratiques mais qu'elle se prolonge par un travail collaboratif de plusieurs semaines conduisant à la création de contenus.* voir Wikipedia>barcamp
Rapport d'étape à la fin de la phase présentielle.
Les lignes qui suivent résument l'essentiel des points forts du barcamp (les 4 jours en présentiel à Sèvres) évalués à chaud par Guy Casteignau, le 9 décembre 2011.
L'essentiel du prévisionnel a été réalisé.
Les 4 types d'activités annoncées dans le programme initial sont analysées ci-après à l'aune du vécu de cette phase en présentiel.
A- Points d'ordre général abordés à différentes reprises :
• ce que peuvent apporter :
- l'internet participatif dans une pédagogie active valorisant les communautés virtuelles d'apprentissage,
- la collaboration de pair à pair pour la création de contenus
- l'usage des médias sociaux francophones dans l'enseignement supérieur ;
• les innovations et les réformes que l'on est en droit d'espérer de la part de la gouvernance de nos institutions. Dans une culture adossée aux usages des réseaux sociaux numériques, elles devraient porter :
- pour les étudiants, sur la généralisation des pédagogies actives induisant d’une part, une modification profonde de l’acte d’apprendre dans une culture participative et, d’autre part, le développement de stratégies d’insertion professionnelle adossées à des réseaux sociaux numériques universités/entreprises/étudiants ;
- pour les enseignants, sur l’évolution de leur formation et sur la prise en compte de la valorisation de leur e-réputation (personnelle) dans leur carrière professionnelle ;
- pour les institutions sur la valorisation systématique de leur e-reputation
B- Analyse des activités vécues
B1- Les retours d'expérience et échanges de pratiques
Pour environ 50% du temps, selon une démarche barcamp (tous participants), ils ont porté sur sur 4 plans :
1) la création de contenus multimedias multidisciplinaires, multiniveaux (sciences dures et autres, LMD et BTS, dans l’espace francophone France/ Québec...) par l’usage d’outils web2.0 optimisés (storyfy, webdoc, etc..).
- le choix optimisé d’outils de l’internet participatif en fonction et en cohérence avec la pédagogie et le projet développés par les enseignants
- la découverte d’usages d’outils innovants méconnus supports de démarches cognitives (organisateurs de pensée, plateformes pédagogiques), ou vecteurs de valorisation des e-reputations pour l'insertion professionnelle.
- le souci de valoriser la création de ressources sous « licence creatives commons ».
Le planning journalier a donc donné lieu :
a) à des retours personnels d’expériences réalisées en cours d’année dans le cadre des responsabilités des intervenants impliquant la participation plus ou moins effective des différents acteurs (enseignant, collègues, étudiants) en vue d’illustrer la faisabilité tant sur le plan disciplinaire que sur celui des niveaux d’enseignement et des comportements des acteurs :
*multidisciplinaires : philosophie, sciences dures, usages des TIC, analyses de l’existant
*à différents niveaux : enseignement supérieur français et québécois, BTS, secondaire, formation et intégration professionnelles,
*positionnement du créateur (électron libre ou intégré dans une politique institutionnelle, l’impact des stratégies de gouvernance).
b) à des échanges de pratiques réalisés en direct à la cantonade, ou conduits en atelier dirigés, en vue de sensibiliser, de former, d’inciter les participants :
à tester la faisabilité avérée des usages des communautés virtuelles d'apprentissage
à donner envie de découvrir par eux-mêmes des outils facilitant la structuration des idées, les démarches de genèse, d'organisation et de conduite d'un projet pédagogique, la réalisation de contenus sous licence créative commons (contributeur wikipedia), l'usage de plateformes spécifiques web 2.0 (viadéo, twitter, facebook, Youtube...).
B2- Les interventions des grands témoins et référents
Plusieurs intervenants sont intervenus sur des thèmes choisis par l’équipe d’animation permettant d’apporter au groupe, en plénière, des éclairages étendus sur les points considérés comme essentiels puis, autorisant la libre confrontation des argumentaires discutables lors des échanges informels (entre autres, sur twitter et lors des pauses café !). Les points abordés ont été :
- l’approche scientifique de la mutation de la communication à l’ère des medias sociaux numériques
- les communautés virtuelles, le management de l’intelligence collective et la création de contenus au sein d’une culture participative de l’acte d’apprendre
- l’utilisation militante et citoyenne du web social dans les enseignements supérieurs (valorisation des e-réputations et l’insertion professionnelle). l’analyse sociologique des medias sociaux (identités, solidarités numériques, rapports sociaux)
- les aspects juridiques de l’Internet participatif et le management des risques inhérents .
- l’analyse méthodologique des choix pédagogiques émergeants (interactivité enseignants/apprenants) à l’ère de la mobiquité et les choix d’outils et d’usages qu’ils induisent pour de bonnes pratiques
Les intervenants impliqués dans ces interventions de diverses natures, ont été Dominique Wolton, Antonio Casilli, Yann Berghaud, Isabelle Gonon, François Bocquet, Mario Asselin, Christophe Batier, Guy Casteigna.
B3- La mise en place de projets autour des usages des médias sociaux, conduite selon une démarche de web participatif.
Phase 1 : lors du présentiel
L’originalité du barcamp a consisté à prévoir un autre espace-temps bien au-delà de l’habituel échange de bonnes pratiques (ici, 4j au lieu de 4h).
Cet espace-temps ouvert tout au long des journées en présentiel a contribué à créer le lien social entre les participants.
Puis à partir de là, d’envisager en 4 séances, la genèse, l’organisation, la gestion d>e projets collaboratif à l’initiative des participants, à développer dans une phase ultérieure basé sur des communautés virtuelles.
Les thématiques choisies l’ont été selon une démarche initiale inspirée au départ d’un world café et poursuivie par des travaux collaboratifs conduits et validés par les participants eux-mêmes.
Il est essentiel de signaler qu’un trio d’observateurs s’est proposé d’évaluer les évolutions des travaux, le respect des échéances et la conformité des livrables tels que prévus et réalisés dans la conduite de projet.
Phase 2 : post barcamp en distanciel
La programmation de cette phase a été affichée et engagée dès le présentiel ; elle a été prévue sur 3 mois avec 3 « balises temps » :
a) affichage des projets sur le site (début 2012)
b) état d’avancement (vacances d’hiver)
c) livrables (vacances de printemps)
Chacun des groupes s’est engagé à publier sur le site, au fur et à mesure du déroulement de l’action :
a) la liste et le descriptif des projets retenus (résumé, acteurs, correspondant)
b) les observations formulées par le groupe d’observateurs, en collaboration avec une spécialiste de sciences sociales (Geneviève Lameul, U.Rennes 2) ;
c) les observations qui ont été relevées par les acteurs eux-mêmes ;
d) les différents livrable.
Pr. Guy Casteignau (Agence Universitaire de la Francophonie),
coordonnateur du groupe d'animation
Paris CIEP, le 9 décembre 2011